Structure de défaisance

Définition, calcul et conséquences

L'essentiel

  • C'est une entité temporaire créée pour isoler les actifs « toxiques » (dettes impayables).
  • Elle permet de sauver une banque en nettoyant son bilan comptable.
  • Elle est souvent surnommée « Bad Bank » dans le monde anglo-saxon.

Définition

Une structure de défaisance est une sorte d'« hôpital » ou de « boîte à déchets » financière créée spécialement pour isoler les mauvais investissements ou les dettes impayées d'une banque. Imaginez une entreprise qui déplace tous ses dossiers à problèmes dans un tiroir séparé pour que le reste de l'entreprise paraisse à nouveau sain et puisse continuer à prêter de l'argent normalement.

Origine du terme

Le mot vient du verbe « défaire ». En finance, la défaisance (ou defeasance en anglais) désigne l'action de se libérer d'une dette ou d'un engagement. L'expression s'est popularisée avec la création de structures de gestion de crise dans les années 1990.

Exemple concret

  • Le Consortium de Réalisation (CDR), créé pour gérer les actifs toxiques du Crédit Lyonnais dans les années 1990 afin d'éviter la faillite de la banque.
  • La création de « bad banks » après la crise de 2008 pour racheter les prêts immobiliers risqués (subprimes) qui polluaient les bilans des banques européennes et américaines.

Comment ça se calcule

Ce mécanisme intervient généralement lors de crises bancaires majeures. Lorsqu'une banque possède trop de créances douteuses (des prêts qui ne seront jamais remboursés), elle risque la faillite. L'État ou les actionnaires créent alors cette structure pour racheter ces actifs pourris, permettant à la banque d'origine (la « Good Bank ») de repartir sur des bases saines.

Causes

Il est crucial de séparer hermétiquement la gestion de la structure de défaisance de celle de la banque d'origine pour éviter toute contamination. La structure doit être gérée par des spécialistes du recouvrement dont le but unique est de revendre les actifs au meilleur prix possible sur le long terme pour limiter la perte finale, souvent supportée par le contribuable.

Notions liées

bad bank banque de défaisance structure de cantonnement

À ne pas confondre

good bank banque saine

Conséquences

Pour bien comprendre ce concept, retenez que c'est une technique de « mise en quarantaine ». On sépare ce qui est malade (les actifs toxiques) de ce qui est sain pour éviter que toute l'institution ne s'effondre.

Questions fréquentes

Qui paie pour les pertes d'une structure de défaisance ?

Généralement, ce sont les actionnaires de la banque ou l'État (donc le contribuable) qui épongent les pertes si les actifs vendus rapportent moins que prévu.

Pourquoi ne pas simplement laisser la banque faire faillite ?

Parce qu'une faillite bancaire majeure peut provoquer un effet domino et paralyser toute l'économie d'un pays.