L'essentiel
- Vise à internaliser les externalités (intégrer le coût social dans le prix privé).
- Repose sur l'incitation financière plutôt que sur l'interdiction pure et simple.
- S'applique aussi bien aux taxes (effets négatifs) qu'aux subventions (effets positifs).
Définition
Qualifie une approche économique qui cherche à corriger les effets secondaires d'une activité (comme la pollution ou le bruit) en leur attribuant un prix. L'idée est d'appliquer le principe du « pollueur-payeur » : si une action nuit à la collectivité sans que son auteur ne paie, on lui impose une taxe pour l'inciter à changer son comportement.
Origine du terme
Dérivé du nom de l'économiste britannique Arthur Cecil Pigou (1877-1959). Dans son ouvrage The Economics of Welfare (1920), il a théorisé l'intervention de l'État pour rééquilibrer les coûts sociaux que le marché seul ne parvient pas à réguler.
Exemple concret
- La taxe carbone : on fait payer les entreprises pour leurs émissions de CO2 afin de compenser les dommages climatiques.
- La taxe sur le tabac : elle vise à couvrir les futurs frais de santé publique générés par le tabagisme.
- Un bonus écologique : à l'inverse d'une taxe, c'est une subvention pigouvienne pour encourager une activité bénéfique (achat d'un véhicule électrique).
Comment ça se calcule
Ce concept intervient principalement dans les politiques de protection de l'environnement, de santé publique et d'urbanisme. Il sert à traiter les externalités, c'est-à-dire les situations où l'action d'un individu a un impact (positif ou négatif) sur les autres sans contrepartie monétaire automatique.
Causes
Pour qu'un dispositif pigouvien soit efficace, le montant de la taxe doit correspondre exactement au coût du dommage causé. Si la taxe est trop faible, le comportement ne change pas ; si elle est trop élevée, elle pénalise inutilement l'activité économique. Le piège classique est de l'utiliser uniquement comme une ressource fiscale pour l'État au lieu d'un outil de changement de comportement.
Notions liées
À ne pas confondre
Conséquences
Pour bien comprendre le concept, imaginez que vous jouez de la musique très fort : le coût pour vous est nul, mais le coût pour vos voisins (fatigue, stress) est réel. Une solution pigouvienne serait de vous faire payer une 'taxe de bruit' qui compense le désagrément des voisins ou vous incite à baisser le son.
Questions fréquentes
Quelle est la différence avec une taxe classique ?
Une taxe classique finance le budget de l'État. Une taxe pigouvienne a pour but premier de modifier un comportement nuisible en rendant son coût visible pour celui qui le produit.
Est-ce que ça marche à tous les coups ?
Non, car il est souvent difficile de chiffrer avec précision le coût exact d'une nuisance comme la pollution ou la perte de biodiversité.