L'essentiel
- C'est la préférence pour la certitude par rapport à l'aléa.
- Plus l'aversion est forte, plus l'investisseur exige une « prime de risque » (un rendement bonus) pour accepter l'incertitude.
- Elle varie selon l'âge, la fortune et le caractère de chaque individu.
Définition
L'aversion au risque est la tendance psychologique et économique à préférer un gain certain plutôt qu'un gain aléatoire, même si ce dernier pourrait être statistiquement plus élevé. C'est l'attitude d'une personne qui choisit la sécurité du « un tiens vaut mieux que deux tu l'auras ».
Origine du terme
Le mot « aversion » provient du latin aversio, qui signifie « action de se détourner ». En finance, il illustre le fait que l'investisseur se détourne de l'incertitude. Le concept a été théorisé dès 1738 par Daniel Bernoulli pour expliquer pourquoi les gens n'acceptent pas toujours des paris mathématiquement avantageux.
Exemple concret
- Préférer placer son argent sur un livret d'épargne à 3 % garanti plutôt que de l'investir en Bourse avec un espoir de gain de 8 % mais un risque de perte.
- Souscrire une extension de garantie sur un appareil électroménager pour s'épargner le coût d'une éventuelle réparation future.
- Choisir un emploi en CDI avec un salaire fixe plutôt qu'une activité d'indépendant avec des revenus potentiellement plus élevés mais irréguliers.
Comment ça se calcule
Ce concept intervient massivement dans la gestion de patrimoine pour définir le profil d'un investisseur. Il est aussi utilisé par les compagnies d'assurance pour fixer le prix des polices (primes) et par les banques pour évaluer la capacité d'un client à supporter des produits financiers complexes.
Causes
Il est essentiel d'aligner ses placements sur son niveau réel d'aversion au risque. Un piège classique consiste à surestimer sa tolérance en période de hausse des marchés et à paniquer (vendre à perte) dès la première baisse importante. La diversification est la meilleure alliée pour réduire le risque ressenti.
Notions liées
À ne pas confondre
Conséquences
Pour bien débuter, ne confondez pas votre « envie » de gagner beaucoup d'argent avec votre « capacité » à supporter une perte. Faites le test de l'oreiller : si vos placements vous empêchent de dormir, c'est que vous avez dépassé votre niveau d'aversion au risque.
Questions fréquentes
Peut-on mesurer l'aversion au risque ?
Oui, les professionnels utilisent souvent des questionnaires MiFID ou des tests de profilage pour évaluer le score de risque d'un client.
Est-ce que l'aversion au risque change avec le temps ?
Généralement oui : on a tendance à devenir plus averse au risque à mesure que l'on vieillit ou que l'on a des responsabilités familiales.
Quelle est la différence avec la neutralité au risque ?
Un individu neutre ne s'intéresse qu'à la moyenne statistique (l'espérance) et n'est pas dérangé par les fluctuations, contrairement à l'averse au risque.